Fin d’après-midi au Châtelet avec Patrick et Jacky pour l’Opéra Padmavati de Roussel. Bon, ce n’est pas franchement joyeux-joyeux ! Ils meurent tous à
la fin… La malheureuse Padmavati préfère la mort au déshonneur non sans avoir auparavant trucidé son époux (mais c’est pour son bien et le salut de son âme !) et entraîné le massacre de son
peuple. Lors de la création de l’œuvre au début du 20ème siècle, l’extreme-orient était à la mode. Près d’un siècle plus tard, l’Inde a le vent en poupe. La réalisation a été confiée à un metteur
en scène de Bollywood ce qui explique sans doute la présence sur scène d’un cheval, d’un éléphant et d’un tigre, certes très brièvement et pas tous
les trois en même temps (un serpent était également prévu mais nous ne l’avons pas vu… peut-être n’avait-il pas pu se libérer de ses obligations à l’Elysée ?). Une grande place a été
accordée à la chorégraphie. Si le premier acte est assez bollywodien, la mise en scène du deuxième m’a paru beaucoup plus contemporaine : quasi absence de décors, jeux de lumières, danses
délivrées des tendances orientalistes. Cela m’a fait un peu penser à la « Juive », vue l’année dernière à l’Opéra-Bastille. Dans les deux œuvres, tout se termine sur le bûcher…
par Le Sphinx
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Dîner ce soir avec Jacky et Patrick venus pour le week-end à Paris. Nous avons regardé à la télé Metrosexuel qui participait à une émission sur une
chaîne du câble. Il passe assez bien à l’écran. J’étais content de mon repas. Pour une fois, je m’étais assez bien organisé : pas trop d’attente entre les plats, servis assez chauds (mon
point faible, c’est la cuisson… ou plutôt le « réchauffage » car en matière culinaire, je ne sais rien faire…). Pour accompagner le café, j’avais trouvé chez Ladurée ces petites souris.
Jacky a fait justement remarquer que 2008 était l’année du rat. Voilà, une bien agréable soirée. Nous avons regretté encore une fois l’absence du Président…
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Un long corridor divise l’appartement en deux. D’un côté la salle de séjour, de l’autre la cuisine et les chambres. J’ai quatre ou cinq ans. Je suis
seul dans ce couloir. Pendant des heures. Je suce sûrement mon pouce et je serre contre moi « Ninic », mon ours en peluche préféré. Il y a aussi ce bruit insupportable, ce trépignement
mécanique horripilant. Je ne suis pas seul dans l’appartement. Mes parents me confient le jeudi, jour de fermeture des écoles, à une femme qui passe sa journée sur une machine à coudre. Elle ne
s’occupe pas de moi, ne voit probablement en moi qu’un complément de revenus. Dans ce couloir, j’ai appris la solitude, l’ennui devenu comme une habitude. Sans doute en arpentant ces quelques
mètres, mon esprit a-t-il inlassablement examiné les motifs du papier peint ou l'agencement du plancher, inspecté tous les coins et recoins de ce corridor. Des années plus tard, lorsque je
m’interroge sur mon peu de sociabilité, sur cette indifférence envers les autres, je me dit que tout vient de là, de ce couloir…
par Le Sphinx
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Hier soir, en sortant du boulot, j’ai été pris d’une fringale de sucre. Dans la station RER, je me suis précipité dans le kiosque à journaux qui vend aussi
des friandises. J’ai pris un paquet de rouleaux de réglisse et comme il ne me restait que deux ou trois piécettes, j’ai payé avec un billet de cinq euros. Mon train arrivait, j’ai dit merci au
vendeur pourtant peu aimable qui me rendait la monnaie. Rentré dans mon quartier, je suis allé acheter une baguette dans ma boulangerie habituelle. Au moment de payer, je m’aperçois que je n’ai
même pas un euro dans mon porte-monnaie ! A la place des trois euros et quelque qu’avait du me rendre le marchand de journaux, des pièces de 20 et de 10 centimes ! Le nombre y était mais pas la valeur ! Je ne recompte jamais ma monnaie car je trouve que c’est manifester un certain mépris envers le vendeur que je présume
honnête (et en plus, cela me fait ch… de recompter). Ce n’est que le hasard qui m’a fait m’apercevoir de ce vol. Cela m’a fait une sensation bizarre,
non pas pour les quelques pièces perdues, mais de savoir que cet homme m’a froidement escroqué, profitant sans vergogne d’un modeste salarié (en état d’hypoglycémie avancé) qui a peut-être du mal
à boucler ses fins de mois. Sans doute a-t-il trouvé un moyen simple et efficace d’augmenter son salaire que j’imagine modeste… Dépouiller son prochain, voilà une activité qui a de
l’avenir ! Gagner plus par tous les moyens… Il est vrai que l’exemple de la malhonnêteté vient d’en haut et que celui qui dérobe quelques millions ne risque guère plus que celui qui ne
subtilise que quelques euros.
par Le Sphinx
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