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MINORITE SILENCIEUSE






Vers 16 heures, un concert de klaxons et de hurlements nous a fait nous jeter aux fenêtres pour voir au travers des feuillages de l’avenue le singulier spectacle d’une calèche allègrement tractée par deux beaux chevaux. Point de vivats prématurés en l’honneur d’une victoire de l’équipe de France de football mais un mariage dont je n’aperçus seulement qu’une magnifique gerbe de fleurs sur la banquette avant de la calèche.
Samedi soir, soirée Opéra avec Patrick que je rencontre pour la troisième fois. Il est pour moi comme un « vieil » ami qu’il me semble à présent connaître depuis des années. Nous allions voir « Iphigénie en Tauride » de Gluck dans une mise en scène résolument moderne huée au début du deuxième acte par de prétendus puristes qui confondaient sans doute l’Opéra avec un stade de football. Ici pas de casques et d’armures étincelantes ni de plumes dans le derrière, mais un rideau qui se lève sur un décor de maison de retraite où déambulent les pensionnaires, vieilles dames en robe de chambre. Je ne vais pas raconter l’histoire de la malheureuse Iphigénie. Le destin de ces mortels, jouets des dieux, peut nous sembler aujourd’hui dérisoire… Ce qui m’émeut le plus est la puissance de cette musique et je ne peux décrire l’émerveillement que me procure la performance vocale des artistes, ces voix devenues presque palpables. Vers 22h30, tout se termine fort bien pour Iphigénie. Tonnerre d’applaudissements. Place de l’Opéra, tout paraît bien calme à la sortie. Le Brésil aurait il gagné ? Quelques stations de métro plus loin, nous voilà attablés à la terrasse d’un café à un carrefour stratégique. Brusquement, une clameur au loin suivie par des klaxons et des hurlements. Fin d’une calme soirée d’été…
Sur la route de Vésuvia
Mon prochain voyage pour Vétusta sera sans doute le dernier. Mes parents vont s’installer prochainement à Vésuvia, une ville voisine, plus petite. Ils ont pris livraison de leur nouvel appartement lors de mon dernier séjour pendant la semaine de l’Ascension. J’étais un peu inquiet car je les avais incité à prendre ce logement au seul vu du plan. Les pièces sont petites, basses de plafond. « Heureusement, il y a la vue » me glisse ma mère à l’oreille. C’est vrai, la vue est panoramique à défaut d’être vraiment belle. Une terrasse entoure l’appartement et le rend invisible de la rue. Le temps est beau, le vent souffle fort, on se sent presque en plein ciel avec la seule compagnie des mouettes. Nous sommes revenus le lendemain et le surlendemain également. Nous y avons même mangé après avoir apporté une table et des chaises de jardin.

Le journal d’un vieux pédé parisien
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