
MINORITE SILENCIEUSE
Hier soir, en sortant du boulot, j’ai été pris d’une fringale de sucre. Dans la station RER, je me suis précipité dans le kiosque à journaux qui vend aussi des friandises. J’ai pris un paquet de rouleaux de réglisse et comme il ne me restait que deux ou trois piécettes, j’ai payé avec un billet de cinq euros. Mon train arrivait, j’ai dit merci au vendeur pourtant peu aimable qui me rendait la monnaie. Rentré dans mon quartier, je suis allé acheter une baguette dans ma boulangerie habituelle. Au moment de payer, je m’aperçois que je n’ai même pas un euro dans mon porte-monnaie ! A la place des trois euros et quelque qu’avait du me rendre le marchand de journaux, des pièces de 20 et de 10 centimes ! Le nombre y était mais pas la valeur ! Je ne recompte jamais ma monnaie car je trouve que c’est manifester un certain mépris envers le vendeur que je présume honnête (et en plus, cela me fait ch… de recompter). Ce n’est que le hasard qui m’a fait m’apercevoir de ce vol. Cela m’a fait une sensation bizarre, non pas pour les quelques pièces perdues, mais de savoir que cet homme m’a froidement escroqué, profitant sans vergogne d’un modeste salarié (en état d’hypoglycémie avancé) qui a peut-être du mal à boucler ses fins de mois. Sans doute a-t-il trouvé un moyen simple et efficace d’augmenter son salaire que j’imagine modeste… Dépouiller son prochain, voilà une activité qui a de l’avenir ! Gagner plus par tous les moyens… Il est vrai que l’exemple de la malhonnêteté vient d’en haut et que celui qui dérobe quelques millions ne risque guère plus que celui qui ne subtilise que quelques euros.
Le journal d’un vieux pédé parisien
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