
MINORITE SILENCIEUSE
Ce matin, dans la tiédeur de ma couche, la tête encore enfoncée dans l’oreiller moelleux, je me demandais ce que j’allais faire de la journée. J’ai repoussé assez rapidement l’idée d’un nettoyage approfondi de l’appartement. Pourquoi ne pas aller voir des expos ? Oui, c’est cela, réaliser un marathon d’expo, en voir le plus possible durant une journée. Mercredi est le jour idéal pour ce genre d’opération. Normalement, le troisième âge qui squatte en semaine les salles d’expo devrait être en train de garder ses petits-enfants.
Le premier objectif est le musée Jacquemart-André, sans doute le musée que j’ai le plus souvent visité après le Louvre. Il faudra que je fasse un article dessus un jour. Je descends à Etoile, je continue ensuite à pied plutôt que de prendre le bus. Au musée, point de file d’attente, je passe tout de suite. L’expo, « L’or des Thraces », présente des objets d’orfèvrerie du IV siècle avant JC découverts en Bulgarie. L’avantage des expos dans ce musée est qu’on n’est généralement pas submergé par le nombre des objets exposés, mais là, c’est top-qualité. Principalement, le trésor de Panagurishté, un ensemble d’une dizaine d’objets en or massif assez extraordinaires (moi, j’adore tout ce qui brille !).
En sortant, je fonce à la station Miromesnil. Ensuite court trajet jusqu’à Champs-Elysées-Clémenceau. Seconde étape, le Grand Palais pour « Portraits Publics, portraits privés ». Toujours pas de hordes de petits vieux en vue au guichet. Et pour cause ! Ils m’attendaient tous à l’intérieur ! Ils avaient sans doute enfermé leurs petits-enfants à la cave pour pouvoir venir… C’est très désagréable de visiter une expo avec beaucoup de monde. Heureusement les tableaux étaient pour la plupart assez grand et chacun pouvait en voir un bout. Beaucoup de portraits anglais. Je retrouve aussi deux portraits vus lors de l’exposition Ingres : « M. Bertin » et « Mme Marcotte de Sainte-Marie ». Très franchement, je ne vois pas trop l’intérêt d’une telle expo sur un sujet aussi vaste que le portrait. Les organisateurs avaient sans doute un créneau à boucher…
Comme je suis sur la ligne 1, je vais jusqu’à Hôtel de Ville pour aller à Beaubourg où je visite à la suite « Les peintres de la vie moderne » (photographies), « Yves Klein, corps, couleur, immatériel », « Robert Rauschenberg, combines » et « Le mouvement des images » (cette dernière expédiée rapidement, mes petites papattes poilues commençant à faiblir). Autant dire qu’à Beaubourg, je n’ai pas été poursuivi par les bataillons du troisième âge…

Le journal d’un vieux pédé parisien