
MINORITE SILENCIEUSE

Un don José à l’accent teuton… Une Carmencita pas trop allumeuse (un comble pour une cigarière !)… Un Escamillo un peu nasillard… Une Micaëla relookée en Grace Kelly mais fortement applaudie pour son interprétation… C’était samedi soir au châtelet avec Patrick et Jacky pour « l’avant-dernière » de Carmen. Nous ne pouvions rater l’opéra le plus célèbre au monde ! L’orchestre mené par Minkowsky (le chouchou de Jacky) était excellent. C’est une valeur sûre, avec lui, on n’est jamais déçu. Quelques idées originales : au premier acte, occupant presque toute la scène, la moitié d’un gros cube, posé de travers, les interprètes et les figurant étant obligés d’évoluer sur un plan incliné. Le cube en tournant révélait dans sa partie creuse l’atelier des cigarières légèrement vêtues qui nous gratifièrent d’un défilé lingerie. Le chœur de « la garde montante » avec les enfants dans la salle était aussi une bonne idée. Au second acte, ambiance Bagdad Café, avec un énorme réservoir à eau sur pilotis et les personnages s’éclaboussent à qui mieux mieux la scène étant recouverte d’eau. Au 3ème acte, décor plus classique d’église en ruines, le décorateur a du penser qu’il avait poussé l’audace un peu loin dans les deux premiers actes. Au 4ème acte, je me suis dit « avec cette réalisation très contemporaine, ils ne vont pas oser… » Mais si. Ils ont osé. Ils ont collé l’habit de lumière à Escamillo avec les dorures, les couleurs criardes, le pantalon moule-burnes. J’aurais espéré un peu plus d’audace, tant qu’à rompre avec les espagnolades… Bon finalement, c’était plutôt réussi.
J’étais bien placé au troisième rang mais séparé de Patrick et Jacky. Mon voisin de droite prenait des notes dans le noir et je remercie ma voisine de gauche qui a eu l’obligeance de m’éventer pendant tout le premier acte. J’avais repéré un très beau musicien. A la fin, lorsque tout l’orchestre se lève pour être ovationné, il m’a fixé pendant un moment…
En sortant, Jacky nous offre une coupe de champagne, bue à presque minuit avec la conciergerie illuminée en arrière-plan.
Le journal d’un vieux pédé parisien
Il jouait quoi comme instrument ton "musicien"?