
MINORITE SILENCIEUSE
Le plus beau jour de ma vie, je l’ai vécu durant l’été 1983. Je ne me souviens même plus de la date exacte ! J’avais 21 ans et après avoir passé plus de dix ans dans la chlorophylle périgourdine, je venais d’emménager à Paris, la ville où j’étais né et où je voulais vivre. J’avais un travail, un appartement, j’étais LIBRE ! La vie ne pouvait qu'être belle à présent... L’adolescence m’avait paru un enfermement interminable. Pourtant mes parents n’étaient même pas sévères. Me noyer dans l’anonymat parisien était mon objectif depuis plusieurs années tant j’avais conscience d’être différent des autres. J’en étais arrivé à économiser sordidement mon argent de poche pour mon installation… Même si ma famille se trouvait à présent à plus de 500 km, je n’ai jamais été aussi heureux que ce jour là. Vingt quatre ans après, je n’en reviens toujours pas de cette liberté…
Le journal d’un vieux pédé parisien
Commentaires